Maraîchage en Bio-Dynamie à Colmar en Alsace

Les Chants de la Terre dans l'Alsace du 23 juillet 2014

Le 24 juil 2014 à 15h41 dans Événements | 0 commentaire
Le financement participatif pour préserver les terres et les fermes 
Pour assurer leur avenir, Les Chants de la Terre, maraîcher bio de Colmar, et Le Brézouard, ferme d’élevage bovin à Aubure, ont choisi de faire appel à l’épargne solidaire pour préserver durablement leurs terres grâce à la Foncière Terre de liens.

Les salades ne poussent pas dans le bitume, mais dans les bonnes terres, comme celles de la région colmarienne qui comptait 300 maraîchers en 1940. Aujourd’hui, il n’en reste que 20. Parmi eux, Les Chants de la Terre, à l’histoire singulière, forgée par la famille Keller. 

Une nouvelle forme de propriété foncière Malgré la pression urbaine et foncière, les frères Keller ont réussi à rester au centre-ville, à côté de l’école Serpentine. Ils se sont engagés dans la culture biodynamique il y a plus de 35 ans et ont même été précurseurs de la vente directe par paniers. Mais pour survivre, il fallait plus de terres. 

Déjà dans les années 1990, le foncier agricole était hors de prix. « Pierre et Jean-Louis Keller ont alors ouvert une nouvelle voie pour acquérir 1,4 ha. Ils ont fait participer des particuliers – clients, amis, sympathisants – à l’achat de la parcelle en créant un GFA, un groupement foncier agricole » , relate Guillaume Goepp, actuel gérant des Chants de la Terre. 

116 personnes ont répondu à leur appel en prenant une ou plusieurs parts de 1 000 francs. « C’était novateur pour maintenir l’unité foncière. Mais aujourd’hui, des por-teurs de parts veulent se retirer. Et la gestion du GFA est devenue lourde. Il faut trouver une autre solution pour préserver à la fois l’orientation biodynamique, le foncier et la participation des clients à la vie de la ferme. »

Les Chants de la Terre se sont tournés vers l’association Terre de Liens Alsace, créée pour enrayer la disparition des terres agricoles et de l’agriculture paysanne. L’idée est simple : puisque l’investissement est devenu inaccessible aux repreneurs de fermes existantes et aux jeunes qui souhaitent s’installer (le prix des terres agricoles a augmenté de 40 % en dix ans en France), c’est la Foncière Terre de Liens qui achète les terres puis les loue à un agriculteur avec un bail environnemental. Cette Foncière trouve ses fonds parmi des citoyens qui veulent soutenir le développement et le maintien de fermes bio en circuits courts. Ils achètent une ou plusieurs parts à 103 €.

Ils contribuent ainsi à développer une nouvelle forme de propriété foncière, déconnectée de tout objectif spéculatif. 28 salariés pour 27 hectares « Nous avons lancé une campagne de collecte de fonds auprès de nos 1500 clients » , annonce Guillaume Goepp. Une formule innovante pour éviter de mettre en péril cette ferme qui cultive 21 ha de légumes et céréales à Colmar, Wettolsheim et Widensolen, et réserve 6 ha aux haies, bandes enherbées et chemins pour favoriser la biodiversité, son alliée. 

« Au plan national, Terre de Liens a déjà réuni 34 millions d’euros et investi 75 % du capital dans 115 fermes, ce qui représente 300 emplois et 2 300 hectares de terres soustraits à la spéculation » , souligne Marie Balthazard, chargée de projet à Terre de Liens Alsace. Cette association, créée dans la région en 2009, est en passe d’acquérir les Chants de la Terre d’ici la fin de l’année, le temps d’accomplir toutes les démarches administratives avec l’accompagne-ment de la Safer et d’autres organismes. « Nous avons bon espoir d’y arriver. 

L’accueil de nos clients est positif, tant sur les marchés qu’auprès de nos abonnés aux paniers » , souligne Guillaume Goepp. À 41 ans, il pourra rester jusqu’à sa retraite gérant des Chants de la Terre. De quoi rassurer ses 28 salariés et ses 1 500 clients en vente directe, attachés à leurs légumes bio, locaux et de saison. « Respecter l’être humain et la terre » Cette nouvelle forme d’épargne solidaire et de financement participatif « montre qu’on peut faire de l’agriculture autrement », estime Guillaume Goepp. « Elle est une réponse aux nombreux problèmes de spéculation, d’installation, de reprise. Elle garantit une agriculture respectueuse des êtres humains et de la terre. Elle donne aux consommateurs l’occasion de renouer des liens avec la production agricole.

Les enjeux sont énormes : le maintien de fermes à taille humaine, l’accès à l’alimentation saine à un prix juste, la dynamique sociale. » Car les bénévoles de Terre de Liens Alsace organisent des animations sur les fermes pour faire découvrir au public leur manière de cultiver la terre qui nourrit les hommes. « Faire autrement, sortir des filières traditionnelles, la demande est importante, en Alsace et ailleurs » , dit Marie Balthazard, chargée de projet à Terre de Liens Alsace. Elle accompagne actuellement la reprise et la transmission d’une dizaine de fermes en Alsace et reçoit chaque année une quarantaine de jeunes agriculteurs qui cherchent à s’installer dans la région.

Source : l'Alsace Élisabeth Schulthess

En savoir plus sur ce projet et l'épargne solidaire

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Soutenez le projet "Chants de la Terre" (PDF 212,12 Ko)

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